L’enquête « Mobilité des personnes » de l’Insee révèle que les Français pédalent peu : à peine 2 km par semaine en moyenne pour les adultes, contre 13,7 km pour les Hollandais de 75 ans et plus. En comparaison, un adulte aux Pays-Bas effectue en moyenne 28 km par semaine, soit 14 fois plus que les Français.
De plus, la pratique du vélo en France est déséquilibrée entre les sexes, les hommes parcourant trois quarts des kilomètres effectués à vélo. Ce déséquilibre est particulièrement marqué dans les déplacements domicile-travail, où seuls 2 % des femmes utilisent le vélo contre 5 % des hommes.
Selon une étude récente de l’unité PACRI (Cnam-Institut Pasteur), 100 minutes de vélo par semaine réduisent la mortalité toutes causes confondues de 10 % chez les adultes. En 2019, le niveau de pratique du vélo en France a permis d’éviter près de 2 000 décès et 6 000 cas de maladies chroniques (maladies cardiovasculaires, diabète de type 2, cancers du sein et du côlon, démence).
Chaque kilomètre parcouru à vélo permet d’économiser 1 euro de coûts sociaux de santé, représentant 5 milliards d’euros de bénéfices annuels en 2019. Ces économies concernent les coûts médicaux directs (hospitalisations, traitements médicaux, indemnités journalières) ainsi que les coûts sociaux liés aux maladies et décès évités.
Par ailleurs, les coûts annuels des accidents de la route liés aux voitures en France s’élèvent à plus de 39 milliards d’euros, un montant qui pourrait être réduit par un usage accru du vélo.
Plus de 50 % des trajets de moins de 5 km sont effectués en voiture en France, alors qu’un tel trajet prend moins de 20 minutes à vélo. Un report de 25 % de ces trajets vers le vélo permettrait :
Les Pays-Bas, où 27 % des déplacements sont effectués à vélo, démontrent que des politiques cyclables ambitieuses permettent un basculement modal efficace.
Malgré les bénéfices prouvés du vélo, la part des trajets cyclables stagne en France depuis une décennie, bien en deçà des 12 % en Allemagne et des 27 % aux Pays-Bas. Pourtant, l’Insee montre que 42 % des trajets domicile-travail font moins de 5 km, distance idéale pour le vélo.
De nombreuses collectivités hésitent encore à investir dans les infrastructures cyclables, souvent perçues comme un coût plutôt qu’un investissement rentable. Pourtant, les retombées économiques sont notables : une augmentation de 10 % de la part modale du vélo pourrait générer plus de 10 milliards d’euros d’économies par an.
Le vélo permet aussi de réduire la pollution de l’air, fluidifier la circulation et améliorer la qualité de vie en ville. Il est prouvé que le développement d’infrastructures cyclables sécurisées favorise une meilleure répartition hommes-femmes dans la pratique du vélo.
Récemment, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a affirmé que l’État devrait se désengager des projets vélo, estimant que cette mission incombait désormais aux municipalités.
En réalité, investir dans le vélo est un levier d’économie permettant de réallouer ces fonds à d’autres priorités, comme la sécurité nationale. Si rien n’est fait pour favoriser l’écologie, c’est la survie même de notre planète qui est en jeu.
L’Insee indique que l’investissement dans les infrastructures cyclables en France reste inférieur à 10 euros par habitant, contre 30 à 40 euros aux Pays-Bas et au Danemark. Augmenter ce budget permettrait un retour sur investissement rapide grâce aux économies de santé et de mobilité.
La promotion du vélo ne doit pas être perçue comme une charge mais comme un investissement stratégique rentable. En développant la mobilité cyclable, la France peut simultanément améliorer la santé publique, réduire les coûts de santé et lutter contre le changement climatique.
Plutôt que de choisir entre écologie et autres priorités budgétaires, il est essentiel de comprendre que les économies générées par le vélo permettent de financer d’autres secteurs cruciaux, y compris la sécurité nationale. Un effort financier plus conséquent dans les infrastructures cyclables aujourd’hui garantirait une société plus saine, plus prospère et plus durable demain.